Légendes du readymade
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« Ready-made » est un manuscrit inédit du peintre Albert Gleizes, rédigé en 1918, où il confirme l’attribution à Marcel Duchamp de Fontaine, geste fondateur de l’art moderne. À New York, le Salon des Indépendants venait de refuser cet urinoir, entouré de mystère, signé R. Mutt. C’est seulement dans les années 1930 que Duchamp en revendiquera la paternité. Ce long silence a fini par introduire un doute : et si la « pissotière » était l’œuvre d’une femme ? « Ready-made », fable apocalyptique de Gleizes sur cette révolution artistique, met aujourd’hui un terme à cette rumeur. La même année, Juliette Roche, peintre et poète, écrit en parallèle une satire cinglante de l’avant-garde communiant dans l’adoration de Duchamp, que nous republions ici : La Minéralisation de Dudley Craving Mac’ Adam. Roche et Gleizes, habitués du salon Arensberg qui réunissait ces artistes, en furent aussi les critiques contemporains les plus féroces. Pour ce couple, avec l’invention du readymade, la « secte » des I.A.W.O.O.T.A.S. (Industrial Abstraction Workers Out Of Time And Space) signait la mort de l’art. Gleizes y voyait la fin de la peinture, et Roche un art dépolitisé, hors du temps et de l’espace.
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