D'Edo à Tokyo : mémoires et modernités
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Philippe Pons cherche à renouer, dans son foisonnement sensible, les fils épars d'une "culture ordinaire", prégnante et perdurable, qui sourd d'une "petite tradition" et s'exprime dans des attitudes, des pratiques, des "riens" du quotidien. Une tradition qui forme le substrat de la modernité japonaise contemporaine, dont il faut situer les racines non pas dans l'époque Meiji, moment du basculement dans l'ère industrielle, mais dans celle qui la précéda : le règne des Tokugawa (XVIIᵉ-XIXᵉ siècle). Deux siècles et demi dominés par la culture des marchands d'Osaka puis d'Edo (ancien nom de Tōkyō), qui furent en quelques sorte la période d'incubation de la modernité japonaise. Partant de Tōkyō, de son histoire et de ses moeurs, il s'est agi de mettre en valeur certains héritages pour tenter d'en discerner les échos dans le Japon moderne. Plus le sujet s'élargit et plus Tōkyō s'éloigne pour n'être qu'une référence, le point d'ancrage d'une mémoire populaire réfugiée dans les gestes apparemment les plus insignifiants, les savoirs intériorisés des corps : un temps des peuples qui ne correspond pas obligatoirement à celui des élites.
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