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Le curieux XIXe siècle : groupes et individualités à la Belle Epoque

Le curieux XIXe siècle : groupes et individualités à la Belle Epoque

Par Samuel Lair

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Mirbeau, Geffroy, Huysmans, Rachilde, Mallarmé, Allais ou Renard, animèrent cette queue de siècle que d'aucuns, comme Léon Daudet, qualifièrent de stupide, et qui traîna pêle-mêle l'affaire Dreyfus, les premières oeuvres de Proust, les lois de séparation de l'État et de l'Église, l'érection de la tour Eiffel, les attentats anarchistes, ou les salons des Indépendants. Décadente, leur Belle Époque le fut, certes, comme la nôtre ; mais leur Décadence à eux fut créatrice.Ce Curieux XIXème siècle plaça à une hauteur qui nous est désormais étrangère l'idéal esthétique conçu comme l'expression d'une pureté et d'une grandeur de la forme littéraire portée à incandescence, celle d'une poétique à mille lieues de la vaine et assourdissante communication.Le prétendu hermétisme mallarméen, la folle et libre invention d'Alphonse Allais, la parole critique de Rachilde, le renouvellement des thématiques dans l'exploration des territoires de l'imaginaire et du religieux, furent autant de coups de sonde dans une opacité qui est alors signe de renouveau, car délaissée par la vulgate romanesque naturaliste. Tantôt s'agrégeant en groupuscules mus par d'étroites et sensibles affinités, tantôt cultivant un quant-à-soi farouchement indépendant, les quelques écrivains ici mis en lumière composèrent avec un tempérament où se confondaient volontiers l'inspiration littéraire et l'inclination individualiste.

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