Aller au contenu
"Ce n'est pas de la science, c'est de l'idéologie.." - En finir avec le mythe de la neutralité

"Ce n'est pas de la science, c'est de l'idéologie.." - En finir avec le mythe de la neutralité

Par Xxxxx XXXXXX, Arnaud Fossier, Florent Coste, Édouard Gardella, Cécile Lavergne

Quantité 1

Demandez le prix : nous vous répondons par e-mail et dans votre espace client, puis vous payez avec vos crédits ☺️

Les sciences humaines et sociales, que d'aucuns jugent inutiles à la marche économique du monde, sont désormais attaquées de toutes parts, sommées d'être neutres, quand elles ne sont pas accusées d'être militantes. C'est tout l'enjeu de cet essai que de retourner les attaques : toute science digne de ce nom est critique et, à ce titre, a un sens éminemment politique. Dans les années 2000-2010, au moment du climax néolibéral, les sciences humaines et sociales ont commencé à être jugées onéreuses et inutiles par la majorité de la classe politique et des élites économiques. Désormais, plutôt que de ne pas contribuer suffisamment au PIB, on les accuse d'être militantes. Le trumpisme notamment est venu bouleverser la donne en menaçant directement les sciences et leurs conditions de vie institutionnelles aux États-Unis. Le drame est que l'on peut, que l'on doit même, y voir une version anticipée et condensée de pressions qui n'aspirent qu'à se disséminer et s'amplifier. Le titre de ce livre est certes emprunté à Viktor Orban, mais l'énoncé a valeur de matrice et se décline par-delà les frontières. Ainsi, en Belgique, on peut compter sur Georges-Louis Bouchez (Mouvement réformateur, MR) : les universités souffriraient d'un manque de pluralisme et seraient dominées par " un prêt à penser (...) ayant remplacé la réflexion et l'objectivité par le militantisme permanent ". La France n'est bien sûr pas en reste, avec ses figures médiatiquement organisées pour œuvrer à la disqualification de certains courants de la recherche au nom de cette même distinction entre science et idéologie. L'accusation en dérive idéologique, qui a désormais cours mondialement, cache en résumé trois attaques : 1) manipulant des concepts abstraits, la science perdrait de vue des réalités de sens commun – on proteste ainsi contre la critique savante en brandissant le simple " bon sens " ; 2) la science aurait la robustesse d'un système fermé sur lui-même, dogmatique, sourd à toute critique, niant toute épreuve du réel – " ce n'est pas un paradigme, c'est une doctrine ! " ; 3) en se mettant au service d'agendas politiques, la science se dévoierait en statuant par avance sur le résultat de ses enquêtes – les certitudes primeraient alors sur le cours incertain de la recherche. La science se trouve ainsi placée devant une alternative menaçante : à défaut d'être impartiale, elle sera considérée comme nocive. L'enjeu, au cœur de cet ouvrage, consiste dès lors à renouveler le lien explicite entre sciences sociales, politique et société : l'offensive fasciste et néoréactionnaire doit être retournée contre elle-même, en en faisant un appui pour un regain de réflexivité et une mobilisation aux vertus de clarification épistémologique – c'est-à-dire des modes de production de la connaissance. En repartant des reproches en wokisme – la grande panique morale de notre temps – ou en idéologie, il s'agit de montrer que toute science digne de ce nom est critique et qu'à ce titre, elle a un sens éminemment politique. Écrit à huit mains par une philosophe (Cécile Lavergne), un sociologue (Édouard Gardella) et deux historiens (Florent Coste et Arnaud Fossier), cet ouvrage incisif est nourri d'exemples et entend alerter sur ce que représentent ces attaques chroniques contre les sciences humaines et sociales : un travail de sape de la démocratie. Il s'agit, avec cet essai, de fourbir armes et arguments face à ce projet délétère : " nous continuerons coûte que coûte d'opposer nos sciences, animées par la critique et l'émancipation " .

Avis des lecteurs

Aucun avis pour l’instant. Soyez le premier à donner le vôtre.