Je suis un voleur
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Loutfi Chama travaille dans une épicerie quand Jean Marc Turine le rencontre. Il vient tout juste de terminer une dernière condamnation de bracelet électronique qui clôt un long parcours marqué par l’enfermement.De ses deux ans et demi à sa majorité, Loutfi Chama passe d’institution en institution, toutes en lien avec la protection de la jeunesse. Jeune adulte, la prison prolonge ce parcours, pour des faits qui deviennent de plus en plus graves. Les allers-retours entre vie hors les murs et vie carcérale se succèdent.De leur rencontre naissent une amitié et un besoin de se dire. Jean Marc enregistre Loutfi qui lui raconte sa vie d’enfant et d’adolescent marquée par l’enfermement, la violence et une forme d’injonction sociale à devenir ce que la société induit. Désigné coupable à six ans d’un «vol» de banane, Loutfi subit l’humiliation de porter une pancarte en carton où il est inscrit Je suis un voleur et cela s’imprime durablement dans sa tête d’enfant.Lorsqu’un jour l’instinct de survie reprend le dessus et que ce cercle vicieux se brise, il ne s’agit pas de se ré-insérer, mais de s’adapter, de comprendre les codes sociaux pour enfin se les approprier. Pour réussir ce pari, les rencontres sont fondamentales : un réseau solidaire d’anarchistes dévoués, une juge qui accepte le risque de la remise en liberté et, surtout, l’amitié de Julie Daliers qui l’aide à se reconstruire et avec qui il collabore étroitement pour ce texte.Aujourd’hui, c’est la rencontre avec Fabrice Murgia qui le mène à la scène et celle avec Jean Marc Turine qui permet l’écriture de ce qui deviendra ce livre dit, récit d’un parcours singulier.Dans ce livre rien n’est occulté, ni la maltraitance présente dans les institutions ni les dérives qu’elles induisent. Loutfi Chama n’y est ni un modèle, ni une victime, ni un ange, mais son parcours démontre que la violence engendre la violence et que les institutions censées la combattre en deviennent l’incubateur. En revenant sur ce parcours douloureux, il raconte les faits simplement dans une langue qui est la sienne et que Jean Marc Turine met en forme dans l’authenticité de sa parole.
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