Go Lance
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Ceci n'est pas l'histoire d'un coureur cycliste, mais celle d'une ambition démesurée. D'un petit gars du Texas, abandonné par son père, battu par son beau-père, mais aimé par sa mère jusqu'à la déraison, et qui très vite n'accepta qu'une posture, une identité: celle du vainqueur. Il y est arrivé au-delà de ses espérances. Plus qu'un champion, son triomphe sur le cancer et son soutien à la recherche médicale ont fait de lui un héros. Des hommes d'affaires le courtisaient, des politiciens lui promettaient une spectaculaire reconversion. On n'avait pas fini d'exploiter son parcours digne d'un scénario de Hollywood, de citer en exemple ce winner au pays des winners. Mais qui savait à quel point Lance Armstrong était envoûté par l'image qu'il avait de lui-même, et qu'il était parvenu à imposer au monde entier? En voulant à tout prix la préserver, il l'a détruite plus sûrement que ne l'aurait fait la plus humiliante des défaites, le plus piteux des abandons. Il a triché. Il a menti. Ceci n'est pas une histoire de sport. C'est celle, que n'eût pas désavouée Tom Wolfe, d'un rêve américain qui était trop beau pour être vrai. Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste et écrivain, a publié de nombreux livres, en particulier sur le cyclisme. Il a suivi le Tour de France à vingt-trois reprises, témoin privilégié des "années Armstrong". Il est l'auteur, avec Laurent Fignon, de "Nous étions jeunes et insouciants" (Grasset, 2010).
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