Aube des corps : vingt et un poèmes transhumants et quelques vers épars
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Voler.Déjà se brouillent les rives, les limites, les portes, les murets, les recoins, les plans, les arêtes, les patries anguleuses de l'enfance, les pointes affilées de la mémoire.Qu'ils soient de même des arbres eux aussi, pâles peupliers argentés.Nus de leur matière verticale. Raz-de-marée végétaux, hémorragies de suc sous le regard infini du moineau.« Fatima Rodriguez est une voix rare, car outre qu'on ne la lit pas assez, les quelques textes qui nous parviennent mettent au jour une exigence naturelle qui, du poème-corps habité en soi (sensation, articulation de l'intime, mezzo voce : chant et musique), s'étend au monde, à la langue, aux langues dites mineures, à ce qu'elle nomme très justement dans cette magnifique lettre à Susy Delgado, poète guarani, le rôle de diseur : "Notre pratique restera sans doute plus proche du désir que de la possession. et ce sera toujours ainsi jusqu'à ce que l'usure, la maladie ou le renoncement confisquent les obsessions des quelques milliers de diseurs que nous sommes." Diseur de soi et diseur de l'autre, cette défense de la diversité ("entendue comme une pluralité"), de l'humanité rémanente et aiguë scrutée et défendue dans l'écriture et son pendant altruiste, la traduction, on en trouve évidemment trace dans sa poésie. »A. Le Saux (2011)
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