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Légion, je t'accuse ! : la face cachée de Kolwezi

Légion, je t'accuse ! : la face cachée de Kolwezi

Par Roger Rousseau

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A Kolwezi, les morts s'accumulaient en bordures des routes. Personne pour les ramasser. Un soir, lors d'un déplacement de notre compagnie en véhicule, du haras à l'Hôtel Impala, le convoi dû s'arrêter pour quelques secondes. Notre chauffeur eut la sinistre idée de rouler sur un cadavre zaïrois, qui éclata littéralement sous le poids de la roue. Drôle de jeu ! Le camion s'immobilisa donc, avec ce corps pile poil sous notre véhicule. L'odeur était absolument répugnante et il se passa plusieurs minutes avant que le GMC ne reprenne la route. J'étais surpris de voir tant de morts dans les rues ; des corps d'africains mais aussi de blancs. Ces derniers étaient ramassés par la Croix Rouge en premier. Quant à ceux des noirs, ils avaient le droit de pourrir au soleil du Zaïre. Sur le parcours, le camion s'arrêta. Un sergent d'origine espagnole s'approcha d'un cadavre noir dans un fossé, tout en retirant son poignard de sa gaine, il nous expliqua qu'au Tchad, les légionnaires coupaient les oreilles de leurs ennemis pour en faire un collier. Il voulu faire de même mais l'oreille lui resta dans la main. D'un air dégoûté il dit : - «Elle est trop pourrie !» Cet endroit devenait de plus en plus sinistre et écoeurant ! Je n'étais pas au bout de mes peines...

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