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Ironies balzaciennes

Ironies balzaciennes

Par Ruth Amossy, Anne-Marie Baron, Etudes réunies, G. Bonnet, Eric Bordas

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Le sait-on ? Balzac est aussi un écrivain comique, dont les romans sont émaillés de calembours et de brillants traits d'esprit. Un romancier qui savoure les contrastes de la nature ou les cacophonies sociales : «les crapauds près des fleurs», par exemple, ou, à l'Opéra, des vieillards à côté des jeunes filles... L'esprit balzacien se réduit rarement à la simple antiphrase. C'est pourquoi Balzac, ou plutôt les multiples pratiques balzaciennes de l'ironie, peuvent nous apprendre à repenser la question de l'ironie romanesque, qui dépasse les catégories poétiques habituelles pour inventer ses propres repères et ses propres valeurs. Car cette nouvelle sorte d'ironie est une structure morale et culturelle marquant le début de ce qu'on appellera «l'ère du soupçon», caractéristique de notre modernité. Elle fait de la lecture un piège et un plaisir. Comme l'auteur, le lecteur est amené à se demander quelle est sa place par rapport aux fictions qui lui sont proposées : adhésion ? refus ? connivence ?

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